L’économie d’énergie et la protection de la vie privée : deux valeurs d’avenir

Depuis une dizaine d’années, les pouvoirs publics et les compagnies d’électricité de l’Ontario et d’ailleurs cherchent à miser sur les technologies de l’information et des communications pour moderniser les réseaux électriques et mettre à niveau leurs infrastructures vieillissantes. Leur objectif consiste à faire en sorte que l’énergie soit consommée plus intelligemment afin de répondre à la demande croissance d’électricité de façon écologique. Ma première réaction a été de me demander quelles seraient les répercussions sur la vie privée de l’implantation de cette technologie de l’information et des communications qui forme désormais ce que l’on appelle un « réseau électrique intelligent ». Force est de conclure que cette technologie permettrait de recueillir une foule de renseignements personnels sur la consommation d’énergie des clients, par exemple, le moment où ils prennent leur douche ou regardent la télévision.

Les profils de consommation d’énergie constitués dans le contexte d’un réseau électrique intelligent peuvent renfermer des renseignements très détaillés sur le comportement des clients. L’implantation de compteurs intelligents au sein d’une infrastructure de communication de grande envergure permettra de recueillir des données sur les appareils électriques que les clients utilisent, et ces données pourraient révéler non seulement la quantité d’électricité qu’ils consomment, mais également les heures où ils sont employés et leur durée d’utilisation. Le risque que soient divulgués des renseignements personnels tels que les habitudes et comportements des consommateurs suscite des inquiétudes très légitimes en matière de vie privée, surtout si ces renseignements sont utilisés de façon abusive ou à des fins autres que la fourniture d’électricité.

En 2009, j’ai mentionné que la protection de la vie privée dans le contexte des réseaux électriques intelligents était une question émergente sur laquelle il fallait se pencher impérativement pour assurer l’implantation fructueuse de ces réseaux. En peu de temps, nous avons beaucoup accompli; ainsi, nous avons publié une série de livres blancs et de documents d’orientation, et je suis satisfaite des progrès réalisés au cours de l’année.

En février, nous avons publié notre troisième document sur la protection de la vie privée et les réseaux électriques intelligents, intitulé Operationalizing Privacy by Design: The Ontario Smart Grid Case Study, qui propose des exemples de la façon dont les services publics et les fournisseurs de biens et services peuvent se servir des pratiques exemplaires sur la protection intégrée de la vie privée dans les réseaux électriques intelligents aux fins de la mise en œuvre de tels réseaux. Nous avons également publié un document conjointement avec le Groupe de travail international sur la protection des données dans les télécommunications de Berlin intitulé Privacy by Design and Smart Metering: Minimize Personal Information to Maintain Privacy.

Également cette année, mon bureau a annoncé un partenariat avec San Diego Gas & Electric (une division de Sempra) pour intégrer la protection intégrée de la vie privée dans son régime de prix dynamiques fondé sur l’utilisation de compteurs intelligents, et nous avons entrepris la rédaction d’un document qui paraîtra en 2012 concernant des études menées en Europe sur l’intégration de la protection intégrée de la vie privée dans les compteurs intelligents et l’expérience des compagnies européennes d’électricité à ce chapitre.

Il est encourageant qu’ici-même en Ontario et ailleurs dans le monde, des mesures soient prises en vue de protéger la vie privée des consommateurs. J’envisage avec optimisme un avenir où la vie privée sera protégée et où nous pourrons également protéger l’environnement en économisant l’énergie.